Avec l’aimable autorisation d’Anne Marie Toutant

La confiance est le ciment de la société, écrivait Dennis Jaffe, spécialiste de la collaboration avec des entreprises familiales. « Sa présence consolide les relations… elle permet aux organisations et aux communautés de s’épanouir. L’absence de confiance est source de confrontation, de conflit, voire de guerre. »

Ces mots puissants ont attiré mon attention il y a quelques semaines. Alors que je ratissais les centaines de courriels qui avaient inondé ma boîte de réception pendant la nuit, l’objet de l’un d’eux, Instaurer la confiance pour décarboner le monde m’a interpellée. Je décidais de l’ouvrir, et non pas de le supprimer comme je procède le plus souvent. À ma grande surprise, je constatais qu’il s’agissait du thème du congrès et du salon commercial de l’ICM 2023 sélectionné par le comité organisateur, dirigé par le président du congrès David Cataford, chef de la direction et directeur de Champion Iron.

La conviction de l’honnêteté, de l’intégrité et de la fiabilité des autres est la base de la confiance sociale. Cette confiance se forge lentement, et peut disparaître en un instant. Un sondage mené par Abacus Data et publié par l’association minière du Canada (AMC) le 27 juin 2022 vient confirmer la confiance accrue accordée à l’industrie minière canadienne. Ce rapport, élaboré sous forme de sondage, indiquait qu’au cours des sept dernières années, le nombre de citoyens canadiens qui pensent que les sociétés minières au Canada inspirent confiance à la population a légèrement augmenté, de 76 % à 81 %. Bruce Anderson, président d’Abacus Data, déclarait que la population canadienne attend des progrès en matière d’action climatique et un avenir générant moins d’émissions de dioxyde de carbone (CO2). Le sondage de 2022 a révélé quelques tendances. « Tout d’abord, la population canadienne a conscience des possibilités économiques qu’offre le secteur minier en termes des usages futurs des minéraux et des métaux produits de manière durable. Ensuite, elle constate que les sociétés minières canadiennes avancent dans la bonne direction dans tout un éventail de priorités, qu’il s’agisse de la gérance de l’environnement, de la réduction des émissions ou des relations avec les Autochtones », indiquait-il.

À l’avenir, les sociétés canadiennes participant à la production durable des métaux et des minéraux nécessaires à la planète pour parvenir à un avenir à faibles émissions de CO2 devront impérativement préserver cet élan de confiance. La transition devient omniprésente : les déclarations en faveur de la neutralité carbone se transforment en premières étapes d’actions concrètes, et des partenariats sous forme d’alliances se créent avec d’autres dans le but de faire progresser les technologies en faveur des réductions sur les moyen et long termes. Plusieurs exploitants faisant équipe avec des fabricants d’équipement d’origine (FEO) ont déclaré qu’ils commenceront leur transition dans les années à venir, en remplaçant leurs parcs de véhicules par de gros camions miniers électriques alimentés par batterie ne générant pas d’émissions. L’avancement des projets depuis l’obtention des permis jusqu’à la construction implique de mettre à profit des modèles économiques qui incluent les communautés locales et des Premières Nations. Les progrès en matière d’empilage à sec (dry stacking), d’évacuation et de mélange mixtes des déchets et des résidus miniers réduisent les risques en éliminant l’eau des zones d’entreposage des résidus.

Et vous, que faites-vous pour inspirer confiance en l’industrie et en votre société ? Quelles mesures votre société prend-elle pour faire avancer l’exploitation minière durable au Canada ? Quelles mesures prenez-vous pour mettre en œuvre les technologies, faire équipe avec d’autres, protéger votre main-d’œuvre, obtenir des financements et réduire votre empreinte ? Une manière d’instaurer la confiance consiste à faire preuve de transparence et à partager les connaissances et les meilleures pratiques. L’appel à contributions du congrès de l’ICM 2023 est ouvert. Inspirez-nous et partagez !

Traduit par Karen Rolland