Dumont Nickel décrit son projet nickélifère de Dumont, situé à 25 kilomètres à l’ouest d’Amos, au Québec, comme l’un des plus grands gisements de sulfure de nickel non développés. Avec l’aimable autorisation de Dumont Nickel
Le 6 février 2025, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles du Canada, l’honorable Jonathan Wilkinson, annonçait lors d’une conférence de presse à l’université McGill, à Montréal, un financement approuvé sous conditions pouvant atteindre 43,5 millions de dollars par le gouvernement fédéral pour des projets d’infrastructure devant faciliter la mise en valeur des minéraux critiques, ainsi que la recherche dans ce domaine au Québec. Il annonçait également la création d’un mécanisme de collaboration (qualifié de « table de collaboration ») entre le gouvernement fédéral et la province pour soutenir le développement de projets sur les minéraux critiques.
« Je suis convaincu que la collaboration est ce qui fait la grandeur de ce pays et de ce continent. C’est ce qui nous permettra de nous éloigner du débat axé sur les droits de douane, où tout le monde est perdant, pour nous rapprocher d’un débat axé sur la prospérité et la sécurité, qui est favorable à toutes et à tous », déclarait M. Wilkinson.
Les nouvelles sont arrivées dès les premiers jours de la guerre commerciale avec le Canada qu’a lancée Donald Trump, Président des États-Unis (voir p. 18, uniquement en anglais).
« Ces questions peuvent parfois paraître décourageantes, mais la bonne nouvelle est que le Canada est en excellente position pour consolider les forces économiques et pour être un fournisseur de choix fiable pour le reste du monde, tout en faisant sa part pour soutenir une transition écologique mondiale vers un avenir sobre en carbone », déclarait M. Wilkinson.
Sur le total du financement, 39,8 millions de dollars serviront à soutenir six projets d’infrastructure de transports et d’énergie au Québec par le biais du Fonds pour l’infrastructure des minéraux critiques (FIMC). Le plus grand investissement de la somme accordée consacrera jusqu’à 20 millions de dollars à la Critical Elements Lithium Corporation pour la construction d’une nouvelle station électrique et pour déplacer 4,2 kilomètres de ligne de transmission électrique afin d’approvisionner son projet Rose Lithium-Tantale dans la région Eeyou Istchee-Baie James, au Québec. Critical Elements a publié une étude de faisabilité pour le projet Rose en 2023.
Jusqu’à 13,5 millions de dollars reviendront à l’entreprise autochtone Eskan, entièrement détenue par la nation Crie de Mistissini, qui entreprendra une étude de faisabilité pour son projet de route de Trans-Atikh. Ce projet prolongera la route d’accès à la mine Renard dans le nord du Québec de 87 kilomètres pour le relier aux projets de lithium situés dans la région Eeyou Istchee-Baie James, tel que le projet Adina de Winsome Resources.
Emmett MacLeod, président et directeur principal des opérations à Eskan Company, déclarait qu’il est important pour la nation de contrôler le développement de l’infrastructure sur son territoire traditionnel.
« C’est nous qui avons ouvert la voie pour que d’autres suivent. Nous sommes sensibles à notre culture et notre environnement, et voulons nous assurer qu’ils sont respectés et [que] nos valeurs sont préservées autant que possible », déclarait-il. « Le gouvernement fédéral pourra ainsi travailler avec notre peuple, pas seulement en termes de développement, [mais] aussi en posant les premières pierres d’une réconciliation [économique]. »
Jusqu’à 2,6 millions de dollars seront versés à Commerce Resources pour une étude de faisabilité sur environ 175 kilomètres de route d’accès depuis un point d’atterrissement sur la rivière Koksoak jusqu’à son projet d’extraction des terres rares et de spath fluor au nord du Québec. La société a présenté un rapport technique pour le projet Ashram en juillet 2024.
Chris Grove, directeur du développement de l’entreprise à Commerce Resources, déclarait que le gisement présente le pourcentage le plus élevé à l’échelle mondiale de néodyme, de praséodyme, de terbium et de dysprosium, des éléments des terres rares (ÉTR) utilisés dans la fabrication d’aimants permanents.
« Ces deux derniers [le terbium et le dysprosium] sont des éléments des terres rares lourds qui font défaut dans la seule mine d’ÉTR d’Amérique du Nord, qui se trouve en Californie », indiquait-il. « C’est un actif qui fournira des éléments des terres rares pour l’avenir de la planète et qui offrira une sécurité nationale importante en termes d’approvisionnement. Cela permettra de réduire la dépendance du monde occidental envers les sources étrangères. »
Jusqu’à 1,1 million de dollars sera attribué à Dumont Nickel pour mener une étude de faisabilité qui reliera son projet de Dumont, situé dans la région d’Abitibi, au réseau électrique d’Hydro Québec, par le biais d’une ligne de transmission de huit kilomètres. Dumont prévoit de prendre une décision cette année concernant la construction du projet nickélifère. S’il se concrétise, la production devrait commencer en 2028.
Jusqu’à 1,3 million de dollars seront alloués à Sayona Nord Inc. pour développer une ligne de transmission de 55 kilomètres qui sera reliée au réseau électrique pour son projet de lithium de Moblan, situé dans la région Eeyou Istchee-Baie James. Une étude de faisabilité pour le projet de Moblan a été publiée en février 2024.
Jusqu’à 1,3 million de dollars seront attribués à Cbay Minerals Inc., la filiale de la société Doré Copper, pour mener une étude de faisabilité ainsi qu’une évaluation des incidences environnementales et sociales concernant des pistes à deux voies et des lignes électriques de 25 kilovolts reliant ses gisements de cuivre et d’or de Corner Bay et Devlin, près de Chibougamau. Doré Copper a publié une évaluation économique préliminaire en 2022 qui étudiait la possibilité de positionner Corner Bay en tant que principale source d’approvisionnement pour son concentrateur de Copper Rand, une mine souterraine anciennement en production.
Sur les 43,5 millions de dollars, 3,7 millions seront attribués à Coalia dans le cadre du programme de recherche, développement et démonstration des minéraux critiques, pour piloter un processus innovant d’extraction et de purification de lithium qui implique de récupérer du lithium et des produits dérivés du spodumène à l’aide d’acide nitrique, permettant leur recyclage en engrais azoté.
Traduit par Karen Rolland