Avec l’aimable autorisation de Candace MacGibbon

Les gouvernements, les organismes de réglementation et les investisseurs sont totalement focalisés sur les minéraux critiques. Simultanément, les marchés de l’or ont franchi de nouveaux records historiques. On constate une acceptation généralisée du besoin de se procurer des métaux et des minéraux essentiels à la transition vers la production et le stockage d’énergie renouvelable. Ces derniers sont indispensables pour concrétiser les priorités en matière de défense et pour diversifier les chaînes d’approvisionnement mondiales dans le domaine de l’électronique. C’est pourquoi les minéraux essentiels à nos vies quotidiennes et aux priorités internationales ont été baptisés « minéraux critiques ». Ces minéraux sont mis en avant par plusieurs gouvernements, dont le Canada, qui élaborent des listes spécifiques incluant le lithium, le cobalt, le nickel, le graphite et le cuivre. L’or reste toutefois notablement exclu de ces listes.

La course est engagée pour garantir l’accès à ces minéraux critiques et les développer. Un soutien généralisé envers l’investissement dans ces domaines a été annoncé et appuyé par les gouvernements. Le Canada a récemment créé le Bureau des grands projets (BGP), et le budget de novembre 2025 incluait également des mesures et des incitations visant à accélérer l’investissement dans les minéraux critiques en faveur de l’industrie minière et des investisseurs. Ces mesures ont été accueillies favorablement par l’industrie, dont l’objectif est de consolider la position du Canada pour en faire un territoire d’investissement concurrentiel et attrayant.

Le grand public est toujours plus conscient du rôle important de l’industrie minière dans l’avancement de notre pays, dans un contexte de paradigme commercial et de paysage géopolitique nouveau à l’international. Le soutien accordé à l’exploitation minière responsable au Canada est à son niveau le plus haut. En 2025, l’industrie a connu une augmentation des financements des projets miniers, ainsi qu’un paysage actif de fusions et acquisitions. On peut dire en toute confiance que le secteur minier est en vogue.

L’or est toutefois exclu des listes de minéraux critiques. Sans doute parce qu’il ne s’agit pas d’un élément majeur dans la production des véhicules électriques, des batteries ou des applications en matière de défense. La demande d’or émane principalement du secteur de la joaillerie, suivie par les instruments d’investissement tels que les lingots et les pièces d’or ainsi que les réserves de la banque centrale, puis les applications technologiques telles que les dispositifs électroniques.

Le cours de l’or a connu une hausse spectaculaire en 2025, et sa trajectoire se poursuit en 2026. Le 31 décembre 2025, le cours de l’or a atteint 4 368 dollars américains l’once, soit une augmentation de 67 % par rapport à l’année précédente. Ceci reflète principalement une incertitude géopolitique et économique élevée, une légère dépréciation du dollar américain et des affectations croissantes à l’or par les investisseurs et les banques centrales comme moyen de diversification et de gestion des risques. L’imposition de droits de douane par les États-Unis a indéniablement créé une incertitude autour de la hausse des coûts, et les gouvernements internationaux achètent de l’or pour consolider les réserves centrales afin de réduire leur dépendance vis-à-vis du dollar américain.

En 2023, avec une production de 6,7 % de l’or à l’échelle mondiale, le Canada a été classé comme le quatrième plus grand producteur d’or. Compte tenu des prix élevés de l’or, les sociétés aurifères vont devoir s’acquitter d’impôts sur les sociétés d’un niveau historiquement élevé, mettant ainsi des ressources financières plus que nécessaires au service des déficits importants et du financement de l’infrastructure. L’or poursuivra sa trajectoire d’une importance stratégique et économique pour garantir la stabilité monétaire et les réserves souveraines dans le monde entier. Il est intéressant de noter que l’argent a été ajouté à la liste des minéraux critiques des États-Unis en 2025. L’argent est souvent exploité comme produit dérivé de l’or, aux côtés d’autres minéraux critiques.

Compte tenu de l’importance croissante et durable de l’or dans l’économie mondiale, il faut encourager l’adjonction de l’or aux listes de minéraux critiques. Le Canada doit absolument être en position de préserver son classement en tant que principal producteur d’or, tout en continuant de développer les minéraux critiques dans les décennies à venir afin de soutenir notre économie, d’offrir des perspectives d’emploi et de renforcer notre productivité à l’échelle mondiale. Il reste assurément un peu de place dans cette liste pour y ajouter un mot de deux lettres : l’or.

Traduit par Karen Rolland