Avec l’aimable autorisation de Global Tailings Management Institute

« L

es choses doivent changer. »

C’est ce qu’Ed Toms se souvient d’avoir dit en 2019, alors qu’il observait depuis un hélicoptère les dégâts causés par la rupture du barrage de résidus miniers de Brumadinho, au Brésil.

À l’époque, M. Toms était directeur à l’international des mines, des barrages et de l’énergie hydraulique pour la société de conseil en infrastructure AECOM. Les années précédentes, il avait travaillé aux côtés des autorités brésiliennes après la rupture du barrage de Fundão (Samarco) en 2015, qui avait entraîné la mort de 19 personnes et dévasté les communautés voisines.

Trois ans et demi plus tard, une autre catastrophe avait eu lieu. La rupture du barrage de Brumadinho s’était révélée encore plus désastreuse, emportant avec elle 272 vies et répandant environ 12 millions de mètres cubes de résidus de minerai de fer.

M. Toms avait alors rencontré des membres de la communauté locale. Ensemble, ils avaient discuté des effets de la rupture de la digue à résidus miniers. Il s’était engagé à continuer à travailler de concert avec les autorités brésiliennes pour développer des protocoles, contribuer aux audits et collaborer avec les procureurs.

M. Toms a passé quelques années supplémentaires dans l’industrie, puis, déclarait-il en riant, « j’ai essayé de prendre ma retraite ».

Cette retraite aura été de courte durée. En juillet 2025, un ancien collègue d’AECOM l’a contacté, lui proposant de contribuer une nouvelle fois à la gestion des résidus miniers à l’échelle mondiale. « J’ai été pris par surprise », se rappelait-il.

En février 2026, M. Toms a commencé un nouveau poste en tant que premier directeur général du Global Tailings Management Institute (GTMI, l’institut mondial de la gestion des résidus miniers), créé en janvier 2025. Son principal objectif est de surveiller la conformité avec la Global Industry Standard on Tailings Management (GISTM, la norme industrielle mondiale pour la gestion des résidus miniers), créée en août 2020.

« Il m’a fallu un peu de temps pour comprendre ce qu’était cet institut », indiquait-il. « Mais je me suis totalement laissé séduire par l’institut et sa mission d’élimination des ruptures de [barrages de résidus miniers]. C’est davantage une passion ou une vocation qu’un travail. »

Pour M. Toms, les « questions sociales constituent la grande priorité » pour le GTMI. « Ma priorité, sur le plan personnel et pour l’institut, est que nous agissons pour gagner la confiance de la communauté mondiale », indiquait-il. « La seule manière de [gagner sa confiance] est de montrer les progrès que nous réalisons et d’être totalement transparents sur nos actions et la raison de nos actions. »

Le GTMI a récemment créé son comité technique, dont la principale mission est d’élaborer des protocoles de conformité, de surveiller tous les problèmes techniques en lien avec les vérifications et la certification, et de dispenser des conseils sur l’interprétation de la norme.

Comme l’expliquait M. Toms, l’intention du GTMI n’est pas de réviser la GISTM, mais beaucoup de personnes travaillant dans l’industrie se demandaient quelle était la meilleure manière de mettre en œuvre les réglementations. « Nous devrons peut-être les modifier pour en faciliter la compréhension », indiquait-il.

L’institut cherche aussi à faciliter les démarches de vérification des barrages, expliquait M. Toms, indiquant que les vérificateurs interprètent actuellement les normes différemment. L’institut crée un système de base de données permettant de recevoir et d’étudier les rapports des vérificateurs afin d’en assurer la conformité avec la GISTM, ajoutait-il. « Nous essayons de mettre en œuvre les normes de manière cohérente sur le marché [mondial] », ajoutait-il.

M. Toms espère que le reste de l’industrie minière rattrapera son retard par rapport aux sociétés qui ont déjà adopté la GISTM dans leurs exploitations. Il va falloir déployer de grands efforts pour que de nouvelles sociétés adoptent la norme et deviennent signataires du GTMI, indiquait-il. Il est toutefois confiant que d’autres les rejoindront une fois qu’elles comprendront les avantages que procurent la mise en œuvre de la GISTM et la capacité à mener une gestion responsable des résidus miniers.

« Il va falloir que les grandes sociétés nous rejoignent en premier. Les associés ayant des parts dans le capital et les compagnies d’assurances apportent déjà leur soutien », indiquait-il. « Je pense que l’industrie dans son ensemble constatera le bénéfice et suivra la voie des signataires originels. »

Traduit par Karen Rolland