Avec l’aimable autorisation de Denison Mines

Janna Switzer ne s’attendait pas à devenir un jour une adepte de l’extraction d’uranium.

Originaire de Prince Albert, en Saskatchewan, Mme Switzer a étudié les sciences de l’environnement à l’université de l’Alberta avant de commencer sa carrière dans le secteur pétrolier et gazier en Alberta et dans le nord-est de la Colombie-Britannique.

Elle est ensuite retournée en Saskatchewan, pour être plus proche de sa famille. C’est là qu’elle a pris conscience de l’ampleur (et de l’importance) de l’industrie de l’uranium dans la région. En 2008, elle rejoignait l’équipe de la mine d’uranium de McArthur River de Cameco.

« Je me suis rapidement rendu compte à quel point les réglementations concernant l’extraction d’uranium étaient strictes d’un point de vue environnemental », déclarait-elle. « C’est ainsi que je suis devenue une fervente partisane de l’extraction d’uranium et de l’énergie nucléaire. »

Cette perspective l’a menée à rejoindre Denison Mines en 2020 pour travailler sur le projet de mine d’uranium de Wheeler River, dans le nord de la Saskatchewan. La société perfectionnait alors l’usage de la technique de récupération in situ (ISR, de l’anglais in-situ recovery) pour son gisement de Phoenix. Cette méthode d’exploitation minière envoie une solution dans le corps minéralisé pour dissoudre l’uranium, puis l’aspire jusqu’à la surface à l’aide d’une pompe pour la récupération, éliminant ainsi la nécessité d’excavation à grande échelle de l’exploitation minière traditionnelle.

Mme Switzer, vice-présidente de l’environnement, de la santé, de la durabilité et des réglementations à Denison Mines, a guidé le projet Phoenix à travers un processus réglementaire strict. Ceci a mené en début d’année à l’approbation par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) de l’évaluation environnementale du projet et à la délivrance du permis nécessaire pour commencer la construction.

Le projet Phoenix est la première mine d’uranium ISR approuvée au Canada, et la première mine d’uranium canadienne à grande échelle dont la construction est approuvée en plus de 20 ans. Denison cherche désormais à obtenir son permis d’exploitation et prévoit le lancement de la production en 2028.

Pour Mme Switzer, ce tournant représentait plus qu’une simple victoire sur l’obtention d’un permis. Cela reflétait la réalité de plus en plus complexe de la mise en valeur des mines modernes, où le succès repose sur l’association d’organismes de réglementation, d’équipes techniques et de communautés autour d’une compréhension commune du risque et de la responsabilité.

« Ce que je trouve intéressant, c’est la capacité à réunir ces groupes », déclarait-elle, « la capacité à rendre accessibles des informations techniques aux organismes de réglementation et à nos partenaires autochtones ».

Si l’ISR est utilisée à l’échelle mondiale pour l’extraction de l’uranium, les organismes de réglementation provinciaux et fédéraux n’avaient pas de précédent en matière d’attribution de permis pour une exploitation d’uranium. Ainsi, le processus d’approbation pour Phoenix est devenu un exercice d’apprentissage, pas seulement pour Denison mais aussi pour ces organismes.

L’un des grands enjeux impliquait l’essai pilote de la méthode d’ISR en 2022 pour prouver la faisabilité du projet, indiquait Mme Switzer. Il n’existe aucun processus clairement établi pour approuver l’ISR pour une exploitation d’uranium au Canada. Ainsi, la CCSN a créé une voie qui permettrait à Denison d’effectuer l’essai sans devoir passer par le processus d’approbation beaucoup plus long requis pour une mine en exploitation.

« C’était ambiant, mais les organismes de réglementation étaient ouverts à de nouvelles manières de procéder », ajoutait-elle.

Le projet a aussi nécessité des années de consultation et de renforcement des relations avec les communautés locales et les groupes autochtones. Mme Switzer est elle-même membre de la Métis Nation-Saskatchewan. Aujourd’hui, Denison a des conventions de soutien avec environ 30 nations autochtones, groupes autochtones et municipalités du nord de la Saskatchewan.

Plutôt que d’adopter une approche générique, Mme Switzer expliquait que la société s’était efforcée de comprendre ce qui revêtait la plus grande importance pour chacune des communautés individuellement.

« Elles sont toutes différentes », indiquait-elle. « [Pour] certaines, c’est l’emploi. [Pour] d’autres, la protection de l’environnement est le plus important. »

Le processus de délivrance de permis, qui s’étend sur environ sept ans, a requis persévérance et coordination de la part des équipes techniques et environnementales grandissantes. Pour elle, cette expérience est aussi devenue l’accomplissement déterminant de sa vie professionnelle.

« Je suis très fière de l’équipe et des années de travail passées à concrétiser l’obtention de l’approbation provinciale et fédérale », indiquait-elle. « Le processus de l’audience publique et l’obtention de cette approbation sont certainement les points culminants de ma carrière. »

Traduit par Karen Rolland