Avec l’aimable autorisation de Kaella-Marie Earle
Tout comme de nombreuses organisations, la Canadian Aboriginal Minerals Association (CAMA, l’association canadienne des intérêts autochtones de l’industrie minérale) a été durement frappée par la pandémie mondiale de COVID-19. Mais aujourd’hui, après une pause de une six années, et avec une vague d’intérêt débordant pour le développement des minéraux critiques, la CAMA a repris du service en mars 2026.
Sous la direction de sa nouvelle présidente, Kaella-Marie Earle, l’organisation vise à s’assurer que les communautés autochtones sont des instances de décision actives dans l’avenir minier du pays.
« C’est le moment idéal pour la CAMA de pouvoir se mettre au service de toutes et tous, et de s’assurer que ce mouvement en faveur de nouvelles infrastructures et de nouvelle exploration de minéraux critiques nous pousse à agir de manière [positive] et à tirer les enseignements de notre passé », indiquait Mme Earle.
Fondée en 1992, la CAMA a revu le jour lors du congrès de la Prospectors and Developers Association of Canada (PDAC, l’association canadienne des prospecteurs et entrepreneurs) cette année. Mme Earle est une Anishinaabe du territoire non cédé de Wiikwemkoong et de la Première Nation d’Aroland. Elle a rejoint l’organisation il y a une dizaine d’années en tant que jeune déléguée. Elle a depuis travaillé dans les secteurs des mines et de l’énergie, notamment en tant qu’ingénieure chez Enbridge et coprésidente du comité d’inclusion autochtone de la Young Pipeliners Association of Canada (une association de jeunes spécialistes de l’industrie de l’énergie au Canada).
D’après Mme Earle, les communautés autochtones du Canada ont commencé à demander la date à laquelle la CAMA ferait son retour, dans un contexte d’accélération du développement des minéraux critiques ces dernières années. Si la CAMA a initialement été créée pour aider les communautés autochtones et l’industrie minière à gérer les conflits possibles, l’organisation se concentrera maintenant davantage sur la supervision autochtone, le développement de la capacité technique et la création de débouchés économiques à long terme enracinés dans les priorités des communautés, indiquait-elle.
La CAMA, ajoutait-elle, prévoit de développer des ressources accessibles aux communautés qu’elles pourront continuer d’utiliser après le rétablissement en novembre cette année du rassemblement national annuel à Sudbury, en Ontario, notamment un rapport graphique et une bande dessinée romanesque. Depuis sa relance, la CAMA a levé plus de 100 000 dollars de fonds de parrainage.
Mme Earle est actuellement vice-présidente du comité consultatif autochtone de la Régie de l’énergie du Canada (REC), où elle travaille aux côtés d’une équipe de direction pour intégrer la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) dans la réglementation en matière d’énergie au Canada. Parallèlement, elle est membre du conseil du partenariat pour des emplois durables à Ressources naturelles Canada.
Son point de vue sur l’exploitation minière et la mise en valeur des ressources a été en partie façonné par son travail dans l’industrie gazière et pétrolière, qui a remis en question nombre des perceptions qu’elle avait de l’industrie avant de l’intégrer. Si elle a rencontré des personnes qui ne faisaient aucun cas des communautés autochtones ou de l’environnement, elle indiquait que l’expérience lui a au contraire montré que l’industrie et les peuples autochtones peuvent travailler ensemble de manière positive.
Depuis 2025, Mme Earle est également professeure en génie à temps partiel à l’université Brock de St. Catharines, en Ontario. Elle y enseigne le droit minier, notamment les traités, les droits des peuples autochtones et autres cadres juridiques pertinents dans la pratique du génie. L’objectif du cours qu’elle dispense est de transmettre aux étudiants et étudiantes les principes juridiques qui régissent les droits des Autochtones et qui peuvent façonner la conception des mines et le processus décisionnel. Les étudiants et étudiantes examinent la section 35 de la Loi constitutionnelle de 1982, la DNUDPA et les questions humanitaires concernant les communautés autochtones. Le cours se termine par un projet intégrateur dans lequel les étudiants et étudiantes doivent mettre en œuvre des solutions aux enjeux humanitaires rencontrés par les communautés de Premières Nations au Canada.
« C’est incroyable ce que les jeunes peuvent faire si vous leur en donnez les moyens », indiquait-elle. « À l’avenir, j’aimerais réellement transformer ce cours en une plateforme pratique que les décideurs politiques et les spécialistes de l’industrie peuvent rejoindre pour les écouter. Il faudrait vraiment qu’ils entendent les [solutions] proposées. »
Traduit par Karen Rolland