Avec l’aimable autorisation de Talamore Mining

Après plus de 30 ans dans l’industrie minière, Tim Warman déclarait avoir un joyau caché entre les mains.

L’année dernière, le directeur général et administrateur de Talamore Mining (anciennement Fuerte Metals) a piloté l’acquisition de 205 millions de dollars du projet aurifère Coffee auprès de Newmont, et il se consacre essentiellement à la mise en service du site du Yukon. « Le projet affiche des teneurs excellentes, des taux élevés de récupération, et il est d’une bonne taille », déclarait M. Warman. « C’est exaltant de voir que nous sommes proches de prendre une décision concernant la construction. »

M. Warman détient un baccalauréat ès sciences (équivalent de la licence) de l’Université McMaster et une maîtrise ès sciences (équivalent Bac + 5) en géologie de l’Université du Manitoba. Il a travaillé en tant que géologue dans le monde entier, avant d’être nommé à des postes de direction dans des sociétés telles que Dalradian Resources et Fiore Gold. « Je ne tape plus beaucoup sur les roches », plaisantait-il.

Techniquement, le projet Coffee n’est pas complexe. Il s’agit toutefois du premier développement dans le Yukon dans l’ombre de l’effondrement de l’aire de lixiviation en tas et du glissement de terrain de juin 2024 à la mine d’or Eagle de Victoria Gold, qui a déversé dans l’environnement du minerai gorgé de cyanure et qui est encore en phase d’assainissement.

La construction du projet est de la responsabilité de M. Warman, tout comme la confiance qu’il doit inspirer pour prouver que Talamore est bien préparée pour y parvenir. D’après lui, Newmont avait déjà intégré dans la conception du projet Coffee la plupart des recommandations figurant dans le rapport officiel du comité d’examen indépendant de l’effondrement à Eagle. La société avait aussi déjà mandaté un examen technique du projet par un tiers indépendant. Talamore a aussi créé un comité d’examen indépendant et prévoit d’installer des systèmes de surveillance en temps réel pour le remblai de lixiviation. « Nous ne nous attendons pas à avoir de problème avec le remblai, mais nous ne prenons pas le moindre risque », indiquait-il.

Il a de l’expérience dans ce domaine. En tant que directeur général de Fiore Exploration, c’est lui qui, en 2017, a supervisé l’acquisition de GRP Minerals, le propriétaire de la mine d’or de Pan dans le Nevada, pour créer Fiore Gold. Sous sa direction, l’équipe de Fiore Gold est parvenue à redonner vie à la mine après sa faillite, avant que la société ne soit rachetée par Calibre Mining en 2022. L’exploitation de la mine de Pan était une expérience essentielle, qui a préparé M. Warman à prendre la barre à Talamore, notamment car il y a appris à gérer une exploitation de lixiviation en tas, ce qui, d’après lui, est plus difficile qu’il n’y paraît.

Un aspect dont il est particulièrement proud pour la mine de Pan concerne la bonne intendance de la sécurité et de l’environnement à la mine. Cette expérience opérationnelle informe aujourd’hui la stratégie de Talamore vis-à-vis du projet Coffee.

Au cœur des priorités de la société se trouvent les partenariats avec les Premières Nations de la région. De fait, M. Warman expliquait que leur appui est indispensable à la réussite du projet. « Ces relations doivent être durables, elles ne peuvent pas être uniquement transactionnelles », indiquait-il. Il attirait l’attention sur le fait que les plans de gestion du projet étaient élaborés en consultation avec les Premières Nations de la région, y compris les Premières Nations de Tr’ondëk Hwëch’in et de White River. « Nous voulons que ces relations durent et soient positives pour les deux parties, car cela aura des retombées positives pour le projet. »

Cette année, M. Warman se consacre à la finalisation du travail préparatoire pour le projet Coffee afin de commencer la construction en 2027. « [Tout] doit être en place d’ici le début de l’année prochaine, afin que nous passions à une décision concernant la construction, et que nous commencions à construire la mine », indiquait-il.

Pour lui, le succès du projet Coffee ne dépend pas que de l’exploitation de la mine dans des conditions de sécurité d’ici 2029. Il s’agit également de faire la différence dans le territoire. « [À terme, nous espérons] que cette mine devienne un exemple de la manière dont l’exploitation minière peut être menée au Yukon », concluait-il. « Nous voulons montrer que le projet offre de réels avantages aux Premières Nations et au gouvernement du Yukon, et qu’il constitue un véritable bénéfice net pour le Yukon. C’est notre vision pour ce projet. »

Traduit par Karen Rolland