Nous tenons à remercier chaleureusement le gouvernement Carney d’avoir publié son premier budget fédéral à la veille du dernier symposium sur les projets d’investissement organisé par l’ICM au début du mois de novembre. Cet événement avait pour objectif de mettre l’accent sur les pratiques et les processus nécessaires à la réalisation de projets miniers, et le budget 2025 a largement alimenté les discussions.

Il s’agit du premier aperçu général de la manière dont ce nouveau gouvernement, avec son nouveau dirigeant, entend dépenser les fonds publics dans cette réalité inhabituelle où les projets d’exploitation minière et la transformation en aval sont désormais considérés comme des enjeux géopolitiques.

Kelsey Rolfe, collaboratrice régulière, présente un excellent aperçu du plan de dépenses fédéral (uniquement en anglais), qui comprend un fonds souverain pour les minéraux critiques destiné à soutenir de tels projets.

Johnna Muinonen, présidente de Dumont Nickel et participante au symposium, s’est réjouie de l’annonce de la création de ce fonds, qui pourrait apporter un soutien financier à des projets de développement tels que celui que son entreprise tente de mettre en place au Québec dans le domaine du nickel. « Je pense que le gouvernement fédéral doit jouer un rôle si nous voulons extraire ces minéraux du sol », a-t-elle déclaré.

Alden Greenhouse, co-panéliste de Mme Muinonen, dont le travail en tant que vice-président chargé des minéraux critiques et stratégiques chez Agnico Eagle consiste à aider l’entreprise à décider où elle doit investir son argent, s’est opposé à l’ambition de tenter de mettre en place des projets tout au long de la chaîne d’approvisionnement en minéraux.

« L’un des défis auxquels nous sommes confrontés au Canada est que, certes, nous disposons des ressources, mais nous sommes un petit pays avec un bilan financier modeste, et lorsque nous voyons les États-Unis investir des milliards et des milliards de dollars dans [les minéraux critiques], nous ne pouvons tout simplement pas en faire autant », a-t-il déclaré.

Au-delà des contraintes financières, il a déclaré que notre pays devait également composer avec les limites de notre main-d’œuvre disponible et de notre accès à l’énergie. La réponse qu’il a proposée : « Rester concentré ».

Plus tard dans la journée, Alison Manzer, associée du cabinet d’avocats Cassels, Brock & Blackwell, s’est exprimée sur la manière dont les promoteurs de projets pourraient se positionner pour attirer les investissements fédéraux, et elle a lancé son propre cri de ralliement : « Défense ».

Le budget, qui comprend une stratégie industrielle de défense de plusieurs milliards de dollars, explique que « les dépenses en matière de défense impliquent des investissements dans des actifs stratégiques, notamment des infrastructures à double usage, des technologies de pointe et des capacités souveraines, qui stimulent durablement la capacité de production de l’économie ».

Selon Mme Manzer, la tâche des exploitants miniers à la recherche de financement consiste à « comprendre l’agenda politique et à viser son cœur ». Étant donné que les puissances mondiales se bousculent pour s’assurer l’approvisionnement en minéraux et matériaux clés, le concept expansif de « capacités souveraines » offre une cible large à ceux qui, dans le secteur des ressources minérales, sont prêts à tenter leur chance.

Ce dernier symposium sur les projets d’investissement a enregistré une fréquentation record et, compte tenu de toute l’énergie déployée pour lancer des projets, il devrait y avoir encore beaucoup à discuter lors de la prochaine édition.

Traduit par Julien Richard