La finalisation de l’électrolyseur MEP a permis de doubler la production d’hydrogène d’Air Liquide à Bécancour. Avec l’aimable autorisation de Cummins Inc.

Le 26 janvier, Air Liquide annonçait que la société avait finalisé la construction du plus grand électrolyseur à membrane échangeuse de protons (électrolyseur MEP) au monde, d’une capacité de 20 mégawatts. Cet électrolyseur génère de l’hydrogène propre sur son site de production de Bécancour, au Québec.

Le site comprend quatre électrolyseurs pressurisés développés par Hydrogenics, une société basée au Canada rachetée par le fabricant de moteurs américain Cummins en septembre 2019.

Les électrolyseurs permettent de résoudre l’un des grands problèmes. Généralement, l’énergie excédentaire est vendue à perte sur le marché ou reste inutilisée. Les électrolyseurs MEP permettent de stocker cette énergie excédentaire et de la vendre ultérieurement.

La capacité du site à produire de l’hydrogène après l’installation de l’électrolyseur a également doublé depuis le début des activités commerciales en octobre 2020. Ceci s’est traduit par la production de près de 3 000 tonnes d’hydrogène annuellement, soit 8,2 tonnes d’hydrogène à faible teneur en carbone par jour.

« Nous nous trouvons à une étape décisive de la transition du système énergétique vers un système plus efficace, plus durable, plus puissant et plus fiable. Si nous disposons de nombreuses technologies innovantes qui sont et feront partie de la solution, l’hydrogène n’en reste pas moins l’une des plus prometteuses », déclarait Susan Ellerbusch, chef de la direction d’Air Liquide Amérique du Nord à l’occasion d’un événement virtuel mettant à l’honneur l’inauguration du nouvel électrolyseur.

On produit de l’hydrogène propre (ou hydrogène vert) en faisant passer un courant électrique dans de l’eau, un procédé nommé électrolyse, alimenté par une source d’énergie renouvelable telle que l’énergie hydroélectrique (hydroélectricité). Bertrand Masselot, président et chef de la direction d’Air Liquide au Canada, indiquait que la ville de Bécancour avait été stratégiquement choisie pour accueillir cette nouvelle technologie en raison d’une part, de l’accès à une énergie renouvelable abondante fournie par Hydro-Québec et, d’autre part, de la proximité du marché de la mobilité hydrogène au Canada et aux États-Unis.


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La demande en hydrogène produit à partir d’énergie propre a rapidement augmenté ces dernières années. D’après Mme Ellerbusch, ce nouveau développement marque l’accélération de la transition du marché mondial vers une économie plus propre, au cœur de laquelle se trouve l’hydrogène.

Le gouvernement canadien, pour sa part, a récemment commencé à déployer une stratégie de production d’hydrogène dans l’optique de développer et de promouvoir le captage de l’hydrogène et la technologie des carburants. Ce projet est censé être une étape décisive pour concrétiser les engagements du pays à atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

La stratégie indique que les opérations au sein de l’industrie minière ont longtemps été dépendantes du diesel. Afin de lutter contre le changement climatique, nombre de sociétés minières telles que Glencore et Anglo American ont commencé à tester l’hydrogène dans leurs mines et à procéder à la transition vers des véhicules fonctionnant à l’hydrogène.

Le coût élevé de la production d’hydrogène reste le principal obstacle pour de nombreuses sociétés dans le monde. Toutefois, expliquait M. Masselot, l’hydrogène peut être produit à des prix compétitifs à Bécancour, en raison de la production d’hydroélectricité à bas prix.

« Selon nous, le Québec peut réellement sortir du lot [car] nous avons la grande chance d’avoir beaucoup d’eau et d’énergie renouvelable à disposition », indiquait M. Charette.

Techniquement parlant, des régions comme le Québec ont la possibilité d’exporter leur production d’hydrogène propre vers les marchés internationaux en liquéfiant les molécules et en les transportant sur de longues distances vers des marchés souffrant d’un manque d’énergie renouvelable. Cependant, expliquait M. Masselot, même si la société a transporté de l’hydrogène vers divers marchés dans le passé, il convient de prendre en compte les questions logistiques telles que les critères économiques et environnementaux pour l’unité de Bécancour. C’est pour cette raison, indiquait-il, que la production à Bécancour restera locale et desservira son marché nord-américain désigné.